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Retour sur Focus

Faux-semblants

Delphine Balley Dispositif inédit pour "Le temps de l'audace et de l'engagement - De leur temps (5)" à l'Institut d'art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes,
2016
Production/Collection Jacques Caton publié le 22 Fév. 2016
Vue de l'exposition Le temps de l'audace et de l'engagement - De leur temps (5) - Collections privées françaises, IAC, Villeurbanne Vue de l'exposition Le temps de l'audace et de l'engagement - De leur temps (5) - Collections privées françaises, IAC, Villeurbanne Photo : © Blaise Adilon
Faux-semblants (1) est une œuvre de Delphine Balley conçue spécifiquement pour l'exposition De leur temps (5) - Le temps de l'audace et de l'engagement à l'Institut d'art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes. Cette 5e édition de l’exposition triennale de l’ADIAF (Association pour la diffusion internationale de l'art français) présente un nouvel instantané des collections privées françaises d’art contemporain à travers une sélection d’œuvres acquises depuis 2012. Parmi les 129 artistes présentés, l’IAC accompagne la production d’œuvres nouvelles de 12 artistes, elles-mêmes proposées et financées par 12 collectionneurs. C'est dans ce cadre singulier de commande qu'est née l'idée d'un dispositif in situ de Delphine Balley sur une proposition de Jacques Caton, collectionneur et président des Amis de l'IAC.

 

Jacques Caton : « Je suis le travail de Delphine Balley depuis de très nombreuses années, de ses œuvres du début jusqu'aux scènes les plus complexes d'aujourd'hui. J'ai toujours été attiré par l'étrangeté de son travail, son côté baroque et la perfection de ses choix de mise en scène et de couleurs. Nous avons pour cette exposition souhaité, avec Yves Manet et Denis Chambaud, valoriser une nouvelle création de l'artiste. » Extrait du catalogue Le Temps de l’audace et de l’engagement – De leur temps (5), édition ADIAF – SilvanaEditoriale, 2016.


Delphine Balley : « Cette expérience particulière de production, impliquant un échange avec le collectionneur et le lieu d'exposition durant le processus de création, m'a permis d'initier un travail que j'aimerais désormais poursuivre. A partir de mon dernier film Charivari (en cours de post-production), j'ai imaginé un dispositif d'installation permettant de faire exister un arrêt sur image sous une forme monumentale, ce que je n'avais jamais expérimenté jusqu'ici. Cette œuvre est singulière dans ma pratique, d'une part pour ses dimensions et la matérialité du tirage, d'autre part parce qu'il ne s'agit pas d'une mise en scène composée pour le médium photographique mais d'une capture au sein du mouvement cinématographique. J'envisage de prolonger la réflexion amorcée dans ce cadre afin de développer de nouveaux modes d'apparition et de mise en espace de mes images. »

 

 

Faux-semblants3

 

Faux-semblants (1), 2016
Dispositif de Delphine Balley depuis Charivari, film en cours de post-production

Arrêt sur image, 400 x 249 cm, tirage dos-bleu marouflé sur cimaise, 575 x 406 cm

 

Collectionneur - Producteur : Jacques Caton, avec l'accompagnement de l'Institut d'art contemporain, Villeurbanne/Rhône-Alpes
Impression : Gil Collot, Picto, Vénissieux

Travail de lumière : Sigurður Hallmar Magnússon


Delphine Balley tient à remercier pour leurs aides et précieux conseils : Jacques Caton, Yves Manet et Denis Chambaud ; Nathalie Ergino, Magalie Meunier et toute l'équipe de l'IAC ; Isabelle Bertolotti et Aurélie Pétrel.

 


 

Arrêts sur images depuis Charivari, 2016 (film en cours de post-production)

 

  • HD-8480
    1/4
  • HD-8467
    2/4
  • HD-8484
    3/4
  • HD-8545
    4/4

 

Note d'intention, Delphine Balley, 2015

 

« Ce projet s'articule autour d'un rite ancestral, la mascarade. Le temps du film se situe au solstice d'hiver, la lune est pleine. Le froid, la neige, la brume, plongent les protagonistes dans un crépuscule qui semble sans fin. C'est le temps du simulacre* et des rituels de protection.

 

Accompagnée par Thierry Truffaut, anthropologue et spécialiste des Mascarades, je puise dans un temps révolu, j’utilise ce matériel anthropologique et je recherche ses résonances dans le monde d'aujourd'hui. Réactiver la question du rituel, aujourd’hui, c’est ce qui a guidé la mise en forme de ce projet.

Les notions de Mascarade et de rituels ont déjà traversé mon travail, notamment mon premier film Le Pays d'en haut, où sont évoqués les rites de passages qui scandent une vie. Ce deuxième film peut être perçu comme un rendez-vous secret entre l’archaïsme et le monde actuel. Je souhaite orienter mon travail vers une mise en relation du présent avec le passé, porter un regard sur aujourd'hui et le questionner par un montage temporel jouant sur les anachronismes.

Réactiver cette question du rituel, aujourd'hui ; réactiver la notion de geste dans une symbolique profonde, ancestrale.
Retrouver le sens des rituels de protection, se protéger des peurs profondes.

Je choisis de tourner avec des non acteurs, à qui je donne les enjeux essentiels du film, avec les indications élémentaires et d’une manière épurée. En revanche, j’insiste sur les gestes et je demande une grande attention au mouvement de leur corps. Les dialogues sont quasi inexistants, aussi toute l'attention est portée sur la présence physique des personnages, qui jouent parfois leur propre rôle (les chasseurs par exemple), ou qui ont un lien fort avec le personnage qu'ils incarnent.

La bande sonore porte l'anachronisme, elle renforce cette idée de strates et de temporalités différentes. L'importance accordée au son a débuté dans mon premier film Le Pays d'en haut avec le compositeur Julien Oresta, qui signe à nouveau la composition musicale de Charivari. Pour ce projet, l'équipe s’enrichit d'une collaboration avec David Couturier, Sound Designer, afin de déployer cet environnement sonore, de spatialiser et d'enrichir l’expérience auditive du spectateur.


Le récit s'encre dans un réalisme ambigu, à la fois concret et onirique. Il s’agit de questionner le présent du récit dans un va et vient constant entre le passé et le futur ; d’expérimenter les moyens du cinéma, de déployer les métamorphoses et distorsions de l’image, du son, les remoduler dans une dernière écriture, au montage. Ces différentes étapes de métamorphoses sont un processus rendu possible par la précieuse collaboration menée depuis mon premier court métrage avec Armande Chollat-Namy et Sigurður Hallmar Magnússon. Leur expérience et nos échanges font des différentes étapes de tournage, des moments particuliers de recherche et d'expérimentation.

Ce paradoxe d'un art profondément concret et en même temps onirique ; les nombreuses réécritures, au tournage, au montage, les métamorphoses ou hallucinations sonores et visuelles ; la possibilité de s’approcher au plus près de l'image, d'un visage par exemple, à la manière de Bergman dans Persona ; percer le réel, questionner ce qui nous constitue, sont autant de pistes élaborées dans ce projet. »

* « Les simulacres (définition selon Épicure), sont « les images qui ont la même forme que les objets réels et se distinguent des phénomènes par leur finesse extrême » (Lettre à Hérodote). Ils se détachent de la surface des corps comme des pellicules élastiques minces et creuses, et se concrétisent à travers le vide et « pénètrent en nous » pour nous faire voir et penser. »

 


Charivari, 17'30", 2016 (en cours de post-production)
Un film de Delphine Balley


Assistante mise en scène et caméra : Armande Chollat-Namy

Chef opérateur et étalonnage : Sigurður Hallmar Magnússon
Montage : Yves Lescœur, Armande Chollat-Namy, Delphine Balley
Composition musicale : Julien Oresta - Sound design : David Couturier - Ingénieur du son : Emmanuelle Villars

Chants : Emilie Bielmann - Paroles de la ritournelle : Valerie Sourdieux

Accessoiriste : Martine Balley - Maquillage et coiffure : Lou Gautier - Création du masque de la cavalière : Clément Robert

Collaboration artistique : Armande Chollat-Namy et Sigurður Hallmar Magnússon

Acteurs : Myriam Gautier, Fabien Robert, Claude Charves, Maxence Gauthier, Claire Chaudiot, Patrick Vassal, Léa Gautier, Juliette Gautier, Valerie Sourdieux, Hervé Sanéjouand, Olivier Auguste, Natacha Mégard, Philippe Viel, Mèdea Megard-Viel, Fabrice Turrier, Isabelle Costes, Aurélien Balley, Martine Balley, Clara Robert, Lou Gautier, Sarah Velasquez, Robert Arnoux, Hélène Arnoux, Régis Derbier, Guillaume Derbier, Emilie Bielmann.

 

Avec le soutien de : Conseil général de la Drôme, Région Rhône-Alpes, Lux Scène nationale, Mme et Mr Morin, Jacques Caton, Yves Manet, Denis Chambaud.

 

Remerciements : ACCA de Léoncel et l'équipe du wagon, ACCA de Saint Jean en Royans, Famille Cordelle, Sébastien Robert, Jordan, Christian, Marien et Véronique Vassal, Clément Tabarin, Yohan Favier, Marc Locatelli, Fabien Dumas, Céline Dumas, Michel et France Belle, Jean-Pierre, Mado Beaune, Juliette Jouffray, Noël Balley, Thierry Vassal, Famille Robert, l’équipe de la mairie de Saint Jean en Royans, Max et Marie-Claude Chollat-Namy, Gaelle et Annie Gautier et enfin Shalimar Preuss, Sandrine Chudet, Valérie Sourdieux et Isabelle Bertolotti pour leurs relectures et Thierry Truffaud, anthropologue, pour ses précieuses recherches et conseils.

 


Delphine Balley est représentée par la Galerie Suzanne Tarasieve, Paris


> Consulter le dossier de l'artiste sur le site de Documents d'artistes Rhône-Alpes