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Retour sur Actualités d'artistes

Hervé Bréhier

  • Tourner les choses que je connais, en ce moment, en un lieu
  • Exposition

  • Off the Rail, Clermont-Ferrand

  • Du 08/11/2019 au 30/11/2019
Les sculptures d'Hervé Bréhier sont le produit de la combinaison de deux « répertoires » : un répertoire de matériaux généralement liés à l'architecture et à l'aménagement intérieur de lieux d'habitation ou de travail (panneaux de contreplaqué, portes de bois, tubes de cuivre, béton, enduit de lissage...) et un répertoire d'actions (tracer, couper, fendre, enduire, enrouler, adosser...) dont la simplicité n'est pas sans rappeler celle de la Verb List établie par le sculpteur américain Richard Serra à la fin des années 1960. Ses vidéos procèdent de la même logique : ouvrir un à un les volets d'un bâtiment industriel, puis les refermer ; filmer à bout de bras l'angle d'un mur et d'un plafond pendant un temps donné... C'est la capacité physique de l'artiste à prendre en charge seul les transformations et les déplacements qu'il fait subir à ces matériaux et objets qui contribue à déterminer l'échelle de ses sculptures, toujours étroitement liée à celle du corps humain.

Peindre, enduire, trancher, scier, fendre, tracer, enrouler, poser, aligner, appuyer : ces actions simples engagent l'artiste dans un processus de réitération. Un geste récurrent de l'artiste consiste à enduire une portion ou la totalité d'une face des objets et matériaux qu'il emploie, de façon à produire un plan quasi monochrome ; « augmentant » l'objet par cette mince couche qui, en même temps, procède à une « remise à plat » gommant ses aspérités. Sur de grands panneaux rectangulaires de contreplaqué qui ont reçu ce traitement, l'application d'enduit précède et prépare le tracé de lignes parallèles, répétées, rythmiques, réalisés à main levée à la mine de plomb. Ensuite, fendus et brisés, les panneaux sont réagencés et « mis au carré » lors de l'installation de la pièce contre le mur. Chaque œuvre de cette série s'élabore dans l'alternance de moments d'unification, de division et de réagencement de la surface conçue comme la partie affleurante d'une épaisseur, autant physique que temporelle.

Cette dimension temporelle, importante dans l'œuvre d'Hervé Bréhier, est aussi prise en charge par l'emploi assez singulier que fait l'artiste d'éléments ready-made : des caisses, des structures de mobilier ou des portes en bois, dont l'aspect usagé et ancien est perceptible dans l'arrondi des angles, les griffures et les éclats dans le bois, les multiples couches de peinture qui les recouvrent, et que révèle ici ou là un manque ou un changement de teinte sous une ferrure, une charnière ou une plaque de poignée démontées. Ces objets – puisqu'ils sont, au départ, des objets – deviennent le support des interventions de l'artiste et le matériau de certaines de ses sculptures. Leur fonction d'origine et leur caractère ancien ne sont jamais occultés et constituent même des motifs signifiants de ces œuvres. Aisément reconnaissables, ils instaurent une forme de proximité avec le spectateur, en partageant son espace et en stimulant ses sensations tactiles et velléités de préhension. J'ai écrit qu'il s'agissait d'éléments ready-made. Il faut toutefois préciser qu'ils ne sont en réalité jamais utilisés tels quels : toujours il en manque une partie – ici le couvercle de la caisse, là les rayons d'une étagère, là encore la structure d'une porte dont ne subsistent que les panneaux centraux.

Plans de référence, Cédric Loire, 2014

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