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Retour sur Actualités d'artistes

Franck Chalendard

  • Manger des olives et faire l'amour
  • Exposition

  • Galerie Ceysson & Bénétière, New-York

  • Du 19/06/2019 au 31/07/2019
Les oeuvres de Franck Chalendard réunies pour cette exposition se présentent comme un flux, un flux de peinture qui traverse chaque tableau, les associe dans une même énergie mais aussi dans un même désir. Il est en effet question de désir dans ces peintures et le titre choisi par l’artiste pour cette exposition - Manger des olives et faire l’amour - ne dit pas autre chose. Ce désir de peinture se confond avec le printemps, il en a la fraîcheur et la légèreté, une lumière transparente dans l’air encore vif. Il est comme une envie de partir, prendre un chemin au bout duquel on étend une nappe de pique-nique sur laquelle on mange et on s’allonge confie également l’artiste.

On pourrait croire qu’il s’agit ici d’images pour des peintures qui n’en sont pas, mais que l’on regarde attentivement ces tableaux. On verra alors la légèreté de ces couleurs qui imprègnent les tissus, des draps précisément, plutôt que la traditionnelle toile du peintre. On percevra la luminosité du blanc et la transparence à travers laquelle remontent les traces de couleurs initiales, recouvertes par d’autres voiles. La peinture se dilue et circule dans ces strates, convoquant un mouvement d’aller et retour entre la surface et ces formes, comme enfouies dans la trame de la toile. Ainsi, le flux qui parcourt la série se particularise dans chaque tableau, montrant un processus vitaliste à l’œuvre dans l’épaisseur de la surface, renouvelant l’éclosion des formes tandis que subsistent les traces spectrales d’un état antérieur.

Tandis que la série précédente du peintre présentait une dimension très charnelle avec ses traces de peintures informes accumulées dans l’espace du tableau, la série actuelle revêt un aspect plus graphique, le geste se décline dans un répertoire de signes fait de points, de lignes et d’arabesques. On pourrait y voir un vocabulaire caractéristique de l’abstraction signalé notamment par la grille mais l’impulsivité du tracé échappe aux discours référentiels, aux principes de citations et retrouve la dimension première de ces formes par accumulation de gestes simples qui construisent progressivement le tableau. Dans cette série, il s’agit précisément de se placer devant cette seule nécessité de la peinture, de son désir, de sa sensibilité au monde dans une relation primitive à la couleur et à son inscription sur une surface, par delà les systèmes et discours de l’histoire de l’art. Cette liberté retrouvée pourrait être rapprochée des oeuvres de Marie Heilmann ou de Joe Bradley.

Bien sûr, il n’y a pas de naïveté chez l’artiste qui connaît parfaitement le jeu des références possibles. Cette immédiateté de la peinture se construit, elle relève d’un processus qui se matérialise par la superposition des draps, un jeu d’apparition et de disparition, de reprises et des pertes, d’effacement et de construction. Du mouvement français Supports/Surfaces en général et de Claude Viallat en particulier, Chalendard a retenu le rôle actif des matériaux dans ce surgissement de la peinture.

Qu’on ne s’y trompe pas, derrière l’apparent détachement de ces tableaux, il en va de ce que la peinture nous fait, de l’effet qu’elle exerce sur nous physiquement et de la rendre ainsi à son essentialité, c’est à dire à son désir.

- Romain Mathieu

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