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Retour sur Actualités d'artistes

Flora Moscovici

  • COMA COLORIS VIF

  • Maison Salvan, Labège

  • Du 11/03/2018 au 14/04/2018
Avant tout, le travail de Flora Moscovici a à voir avec l’espace qui le reçoit. Il ouvre, littéralement, un dialogue entre le lieu et les gestes artistiques qui le composent. L’œuvre advient de données présentes, qu’elles soient architecturales, chromatiques, voire même historiques. En retour, l’espace lui-même agit sur la peinture de l’artiste : la lumière changeante modifie l’appréhension des couleurs et donc l’expérience qu’en a le spectateur. Ainsi, ce dernier est convié à une temporalité ouverte et à un espace pictural dynamique qui évolue au fil du jour, du temps. L’artiste aime pouvoir intervenir dans des lieux bénéficiant d’une ouverture sur l’extérieur, comme pour convier un hors-champ apportant de l’inattendu.

Les propositions de Flora Moscovici sont la plupart du temps immersives et invitent le spectateur à une sorte d’exploration pour pouvoir saisir les nuances camouflées dans l’apparent systématisme de l’œuvre. L’artiste travaille le plus souvent à la brosse large et au pistolet mais avec une approche très particulière de ce dernier médium. Elle va en effet mobiliser pour sa peinture à la fois le faisceau du jet ainsi que les projections périphériques en ayant au préalable préparé un masquage partiel de l’espace en vue de produire des motifs ou des zones chromatiques. Elle utilise aussi le principe du ponçage pour façonner l’œuvre. Au total, la peinture se révèle bien souvent diaphane, vaporeuse, de l’ordre du nuage. La surface qui l’accueille est en quelque sorte annihilée pour devenir une sorte de volume insaisissable que le spectateur croirait presque pouvoir pénétrer.

Bien entendu, le travail se reçoit comme abstrait mais par sa capacité « à dire avec l’espace », il est peut-être paradoxalement très narratif. Cette narration de l’espace peut confiner à l’expérience sacrale qui n’est pas sans rappeler l’impact d’œuvres appartenant à l’expressionnisme abstrait américain – dans son versant du Colorfield Painting. On peut en particulier penser à Barnett Newman, Mark Rothko ou encore Robert Motherwell. Finalement le travail se révèle imposant, enveloppant, mais avec une économie de moyens : peu de couleurs, le plus souvent, apposées sur les surfaces avec une palette de gestes ténus.

La dimension située du travail de Flora Moscovici incite à la prudence quant à l’annonce de ce qui va être réalisé pour la Maison Salvan. L’œuvre découlera de sa présence effective que les repérages ne sauraient remplacer. Elle souhaite néanmoins se servir de la rythmique offerte par les différents espaces du lieu d’exposition pour proposer des gestes distincts et ainsi ouvrir la possibilité à des télescopages visuels par l’entremise des ouvertures situées dans les parois de l’architecture. Elle désire également proposer à des musiciens de réagir à l’espace et à ses propositions et, peut-être, pourquoi pas, intégrer du son au-delà de la seule temporalité des possibles performances au moment du vernissage.

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