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Retour sur Actualités d'artistes

Gilles Desplanques

  • Hétérotopia
  • Exposition

  • Château de Servières, Marseille

  • Du 25/05/2017 au 09/07/2017
Cette exposition personnelle est coproduite par le Château de Servières et RIAM festival à travers le dispositif d’aide à la création de la région PACA.

À partir d’une reconstitution fidèle d’un écorché architectural de la chambre de son fils, l’artiste déploie un univers antasmatique. Cette sculpture qui s’apparente à une archéologie de l’intime, agit comme un seuil, un passage vers l’imaginaire. Elle est une matrice autour de laquelle gravitent les projections mentales de l’artiste.

« Mon intérêt pour l’architecture tient au fait que le bâti recèle des couches de sens et se pose comme une archéologie de la culture, de l’histoire. La chambre est le lieu de projection des fantasmes par excellence. Cette œuvre constitue le centre d’un monde infini. Celui de l’imaginaire. Je pense les œuvres comme des objets transitoires pour passer d’un état à un autre, d’un monde à un autre. Pour traverser la vie ». G. Desplanques

L’artiste opère un transfert spatial par le déplacement d’une architecture dans une autre. Mais aussi un transfert symbolique, où se mêlent les projections mentales de l’artiste à celles de son fils.
Ces projections se traduisent par des films où l’artiste évolue dans des espaces périphériques comme dans la vidéo Concrete island, librement adaptée de la nouvelle éponyme de J.G. Ballard. Un homme vit sous les ponts d’une grande métropole. Malgré un contexte difficile, ce Robinson de l’urbanisme concentrationnaire semble s’adapter malgré lui. Il apparait comme la figure loufoque du naufragé moderne.
Les autres vidéos montrent l’intérêt de l’artiste pour ces lieux désertés et ces personnages en marge, qui interrogent notre réalité, notre animalité, notre société. A travers l’usage du masque ou d’un accessoire qui cache le visage de l’acteur, le spectateur s’identifie à ces personnages solitaires qui errent dans des zones inhospitalières. A travers son installation et ses nouveaux films, Gilles Desplanques poursuit sa réflexion sur la figure de l’égaré. C’est une figure qu’il explorait déjà dans ses films précédents: UN rescue, Blue Border ou en encore issue de secours qui questionnent de différentes façons, aussi bien l’égarement physique que celui de l’esprit. « Ce qui m’intéresse, c’est le trouble que peut provoquer la marge, la folie et faire entrer le spectateur dans un monde proche du nôtre mais où quelque chose a basculé. L’égaré est celui qui interroge le mystère. »

Autour de la chambre, gravitent des objets hétéroclites qui semblent sortir d’un rêve et entretiennent une atmosphère étrange. Certains ont été expulsés, ils dérivent dans l’espace comme le lit ou le tapis qui servent de support au duo de musiciens Postcoitum que l’artiste a invité pour une performance lors du vernissage et avec qui il partage un univers commun.

L’hétérotopie (du grec topos, « lieu », et hétéro, « autre »: « lieu autre ») est un concept forgé par Michel Foucault dans une conférence de 1967 intitulée « Des espaces autres ». Il y définit les hétérotopies comme une localisation physique de l’utopie. Ce sont des espaces concrets qui hébergent l’imaginaire, comme une cabane d’enfant ou un théâtre. La chambre est un théâtre cosmique. Un laboratoire des émotions. Un passage entre le jour et la nuit, où le temps et l’espace se diluent.


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