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Retour sur Actualités d'artistes

Simon Feydieu

  • ALF
  • Exposition

  • LFA ( Looking for Architecture), Lyon

  • Du 08/12/2016 au 31/12/2017
Bâti Bâtard!
 
La recherche actuelle en matière de chimie du bâtiment est comparable à celle d’ordre mécanique lors de la révolution industrielle de la fin du XIX siècle, d’où s’ensuivit la célébration de formes géométriques, orthonormées et reproductibles par les courants artistiques d’avant-garde.
Dans le domaine de la construction, l’enjeu esthétique contemporain réside dans l’exploitation des propriétés intrinsèques et spécifiques des matériaux composites (poids, résistance, porosité, isolation...), leur dimensionnement obéissant à des standards ayant peu évolué. ALF, anagramme ironique de l’acronyme de l’agence Looking For Architecture, donne le titre et le ton de l’exposition de Simon Feydieu dans leur micro galerie.
Ses œuvres altèrent ou reconfigurent des matériaux destinés à l’architecture d’intérieur leur trouvant des propriétés picturales inédites. Ses bas-reliefs et autres motifs ornementaux renvoient à des notions de modernité entre art et architecture, souvent divergentes. On y projette aussi bien des relectures du brutalisme, de la modénature ou de la matériathèque qu’une histoire de la peinture à travers le all-over, le monochrome, l’abstraction ou le trompe-l’œil ainsi que des problématiques de conservation et d’encadrement muséographique.
Le bas-relief présenté à LFA est composé d’une plaque de plâtre habillée de polystyrène, employé dans le montage de mur d’isolation. L’artiste l’a montée sur un châssis ce qui lui confère une surépaisseur, dématérialisée par son encadrement en aluminium miroir (toujours recouvert du film industriel de protection), et dans lesquels se reflète et se prolonge le motif du mur.
Nous ne regardons plus alors un bloc de matière mais une surface picturale diaphane mouchetée de noir, rappelant des tableaux abstraits, le tachisme et le all-over. Les motifs au mur sont des rayures. Des bandes de papier relativement ignifugé, employées par les plaquistes, sont calcinées sur les contours, résultat de l’ignition du rouleau de papier. Elles ont été marouflées sur le mur tel un papier peint, les laies étant ici indissociables du motif. Si leur espacement est déterminé dans la majorité des cas par la largeur d’une plaque de plâtre, la bande devient ici sa propre unité de mesure l’espacement entre les bandes étant égales à leur largeur. De même, les dimensions du bas-relief (plaque de plâtre standard = 250 x 120 cm) dialogue, comme étalon, avec celles du mur sur lequel il s’accroche.
Il n’est pas anodin que l’artiste sélectionne exclusivement des matériaux du bâti, d’une part invisibles lorsque l’ouvrage architectural est achevé et d’autre part d’une grande fragilité, car il est une distinction immuable entre la figure de l’artiste et celle de l’architecte: si le sculpteur construit, il ne s’agit en rien de bâtir.
 
Par Gordon Shumway

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 Simon Feydieu, ALF, 2016 Simon Feydieu, ALF, 2016 © Photo M. Despeysses